samedi 3 octobre 2026

Mes oliviers

Mes oliviers

Je me promenais dans le domaine de la Castille.

J’y ai croisé mes oliviers

 

Je les ai photographiés, à Luri.

 

                                                                       

En Haute Corse dans le parcours santé

 

J’ai admiré leurs couleurs dans les peintures de Marcel Corticchiato.

 J’ai vu

        passion et rudesse                                                  Mais aussi poésie et harmonie

                                                                  

                                                               

Dans mon roman Isula Bella ils sont encore présents.

…« Mes jambes sont lourdes, brisées, une crampe douloureuse perce mon bras, l’ankylose a gagné mon poignet, mais je suis satisfait. La touche est puissante, les couleurs vibrantes, la composition du tableau solide, l’olivier bien campé. Symbiose du minéral et du végétal. Ses racines sont ancrées dans la roche, robustes, inébranlables. Jamais il ne sera arraché. L’arbre tourmenté par les âges porte les plaies de l’hiver, les balafres de la sécheresse, les crevasses de la canicule. Les branches sont tordues, le tronc à moitié évidé par les flammes, histoire d’une souffrance subie et vaincue. Le flux généreux de la sève a étouffé le feu mais l’écorce noircie conserve en son cœur le rouge de la braise. L’arbre, phénix ressuscité de ses cendres, rayonne toujours de chaleur, se dresse héroïque, imposant, un nimbe de vermeil arraché à l’horizon crépusculaire accroché aux rameaux. Arbre chéri d’Athéna, rameau de Noé, palme bénie de la Passion qui évente le front douloureux des grands pénitents pourpres, apaise le feu des chevilles enchaînées et les pieds écorchés aux chemins crucifiés. Sur les pentes herbeuses, les petits cyclamens mauves ont de nouveau percé sous les feuilles mortes des chênes. Retour du printemps. La paix recouvrée. Le végétal millénaire porte en lui le renouveau de la sagesse éternelle…

… La nature sauvage a repris possession de l’olivette, l’or des genets a effacé les griffures des sillons, les genévriers ont de nouveau colonisé la roche calcaire. Plus jamais l’argile ne saignera sous le soc de l’araire, nul élagueur ne fera gémir la cime des ramures, nulle scie ne viendra contraindre les insectes gratteurs au silence.  Abreuvé par la terre nourricière, l’olivier a vaincu les éléments dévastateurs. Il est seul, intemporel, Atlas guéri des plaies infligées par les hommes, gardien unique de l’héritage fabuleux de toute une humanité. »…

‘(Couleur d’Isula Bella  p 9-10)

 

Ils occupent la couverture de mon dernier roman

 

Maintenant ils se dressent dans mon jardin, dans la terre à leurs pieds reposent les cendres de ceux que j’ai aimés