jeudi 13 juillet 2017

LIBERATION DE TOULON 1944



   28 AOÛT 1944 TOULON LIBÉRÉ
Toulon le 28.8.44.


… « Ma première lettre depuis la libération de Toulon.
A Toulon, il n’y a pas eu trop de mal. La reddition des forts a été un peu longue, mais nous avions affaire  aux Français qui ont limité les dégâts au minimum…
…« À Claret très peu de dégâts et notre maison est toujours debout avec les dégâts du bombardement seulement »…



29 AOÛT CÉLÉBRATION DE LA LIBÉRATION

Toulon le 29.8.44.

…« J’écris à tout hasard car bien que la poste ait accepté les lettres, je doute fort que le courrier soit acheminé.  
            Nous voici donc à Toulon libéré des Boches. te raconter tous les détails de cette délivrance serait long et fastidieux.
            En voici malgré tout quelques points essentiels.
 Dans la nuit  du 14 au 15 alerte à 22h30. Des éclairs illuminaient le ciel vers Bandol et nous n’étions pas arrivés aux abris. Fin d’alerte à 24 h. On décide de coucher à l’abri. Bonne idée. Vers 4 h  nouvelle alerte. Circulation intensive des Fritz dans tous les sens sur la route. On comprend aisément qu’il y a du nouveau. Au petit jour 1° apparition des avions, mitraillages, bombinages sur les batteries les forts.- ce vacarme  dure toute la journée.Dès le 16 et le 17 nous avons élu domicile aux abris. Nous mangeons à la roulante du Secours National installée devant l’abri.
Cette vie dure jusqu’au 23. Ce jour- là nous apercevons des voitures de forme inconnue. Ce sont les Français. Quelle joie !
            Malgré cela dans la ville la bagarre continue. Le fort d’Artigues résiste 48 h. Saint- Mandrier 3 jours, Six-Fours aussi. Quelques nids de résistance au Champ de mars, dans la basse ville et au Pont du Las sont liquidés après des combats assez durs. Tous les quais de l’arsenal sont détruits  par les Boches  Le quai Cronstadt est dans un état indescriptible, l’eau arrive rue République. Samedi, c’est à dire  le 26 on brûlait au  bord du Las  des cadavres  de chevaux et de Fritz.
 Je t’envoie le  numéro du journal   "Le Var libre "  ex Petit Var.
 Les F.F.I ont fait preuve de beaucoup de patriotisme et ont eu malheureusement des pertes. Parmi celles-ci  Bourguet, Lafoudan,  le joueur de rugby Ballatore du rugby également est blessé.. Dans le groupe de Pasconit 10 morts...

…Enfin tout est fini »….




                                

















mardi 27 juin 2017

Trois destins de femmes dans un terroir bas-alpin





 Les "Saisons de pierre" en édition numérique.

 L' édition numérique des " Saisons de Pierre" est disponible sur Amazon.

 Un récit ancré dans les pays de montagnes chères à GIONO et MAGNAN. 
 La vie, sur  trois générations, de femmes attachées  aux pays de transhumance, au Dévoluy, au village où naquit Saint Eldrade, protégées par le Grillon, ce grand pic solitaire qui fait face à l'OBIOU.
 Et aussi celles  d'hommes qui passent, des ouvriers, des "Hospitalous" ces enfants de l'assistance publique de Marseille, des maîtres-bergers, des hommes blessés par la guerre ... 






 Un commentaire ( Radio Verdon juillet 2009)

… « Quand le temps donne du temps à Colette Maestri, ce sont ses mots, bien rangés et gardés secrètement, qu'elle libère et distribue dans la quiétude de son village de Néoules, aux doux clapotis de l'Issole.
Les citoyens de ce joli village du Var sont empreints d'inspiration. En vingt ans, la population s'est multipliée par deux, et, Colette Maestri, pour ne pas les décevoir se rallie à leur boulimie. De l'écriture tout simplement, mais de l'écriture souvent. Ce sont donc cinq ouvrages édités en trois années dont un illustré pour enfants de 9 à 12 ans.
Dans "Les Saisons de pierre", ses phrases, ses mots apaisent. Ils parfument, teintent, caressent, transportent et dénouent les situations.
La vie surgit! L'amour, la trahison et le grand secret des femmes.
Car ce sont elles qui sont au cœur de ce roman. Trois femmes, robustes, ancrées dans leur terroir, travailleuses, amoureuses. Des hommes bien sûr. Difficile de s'en passer! "Veuve de guerre" chantait Barbara. Mais aussi attachées à leur montagne, leurs bêtes, l'avenir des leurs dans ces villages bas alpins, perdus, pauvres où la sécheresse sévit et où la pluie est parfois plus grave que bienfaitrice. Des louves en quelque sorte.
Dans ces temps d'après-guerre, la première, la grande, entre celle-ci et l'autre, la drôle, et en l'absence de cette force masculine partie servir la République, il faut vivre, maintenir ce qui fut laissé si soudainement et s'adapter. Des alpages au zinc des comptoirs. Rien n'est immuable. Le retour du guerrier ne doit pas souffrir de désolation. Et pour ceux qui reviennent, le quotidien, l'environnement, les femmes, tout doit être là.
Des âmes et des bras supplémentaires viennent grossir la population dans ces villages. La République sait faire tinter les piécettes de monnaies pour se décharger des enfants de l'assistance publique. Très peu de temps, heureusement, ils ne seront ni eux, ni chez eux. Par bonheur, les rudes de là-haut aiment avant tout la vie et les gens. Et l'accueil est là, même pour les "passants" qui se présentent d'on ne sait où, restent ou repartent.
Ces femmes glissent de leur montagne vers la mer, vers ces cités culturelles, pour écouter, entendre et s'imprégner, pour avancer, apprendre et partager. C'est aussi pour découvrir les aléas des unions instituées : associations, syndicats, partis politiques.
Ce roman n'est pas nostalgique. Il est agréable, les pieds dans les charentaises, la couverture sur les genoux, de tourner ces pages de vies. Peut-être à l'intérieur même de cette masure retapée dans un village bas alpins, breton, basque, bourguignon, provençal ou corse, l'une de celles qui fit leur vie »….